Nos cours

« A toi qui ne connais pas le yoga et qui aimerais savoir ce qu’il est… »*

Le yoga est une manière de se relier à la Vie même. Celle qui vibre à l’intérieur et celle qui danse sans cesse à l’extérieur et qui nous traverse par le Souffle. C’est dans la révélation des sensations de plus en plus fines et profondes que se vit cette relation au vivant.

Et « pour transmettre le vivant, il faut avoir conscience du vivant. »*

Le corps est médiateur. Les asâna, les postures de yoga, sont là pour étirer, tonifier et détendre les muscles, les articulations et les fascias. La pratique physique, propre au yoga et adaptée à chacun, prépare le corps à se relâcher et ouvre les espaces intérieurs. Mais elle n’est que le moyen et non le but.

C’est la conscience affinée de la respiration qui porte le geste. Dans la détente acquise, les sensations physiques vont permettre l’accès aux perceptions plus subtiles de l’énergie. Le mental apaisé va se concentrer sur l’écoute intérieure de plus en plus finement. Cette présence à l’instant et à soi-même laisse des traces et ses bienfaits nous aident au quotidien.

« Tout commence comme si, à l’orée d’une pratique, en ce lieu où elle va se dérouler, sur le petit tapis où nous prenons place, tout l’Être soudain était convoqué, rassemblé, concentré, résumé en un seul point dans l’état de présence qui est le sien. » *

* Christiane Berthelet Lorelle – De l’un à l’autre. Spiritualité du yoga et psychanalyse –  Liber  – 2014

Le yoga de Madras

Le yoga de Madras, qu’ Isabelle Morin Larbey m’a transmis et que j’enseigne, est issu de la lignée du professeur Sri Krishnamacharya et de son fils Sri TKV Desikachar.

Ils fondèrent une institution en 1976 qui est encore aujourd’hui le Krishnamacharya Yoga Mandiram à Madras, actuellement Chennaï. L’enseignement est basé sur l’étude des Yoga Sûtra de Pantajali, des chants védiques et la pratique du yoga en séance individuelle généralement.

Yvonne Millerand devient en 1965 l’une des premières femmes occidentales à être diplômée par le maître lui-même, Sri Tirumalai Krishnamacharya, après neuf mois passés à étudier auprès de lui. A son retour en France, elle structure la lignée du Yoga de Madras. Elle fonde ensuite à Paris, avec Roger Clerc, Nil Haoutoff et Claude Pelletier, la F.N.E.Y.

Isabelle Morin Larbey devient l’élève d’Yvonne Millerand. Elle enseigne le yoga de Madras depuis plus de 30 ans et forme les futurs enseignants à l’Ecole Française de Yoga de Paris (E.F.Y.).

Les grands axes de cette lignée de yoga du sud de l’Inde sont les fils de chaîne du tissu du cours, sur lesquelles les élèves peuvent s’appuyer en toute confiance.

La posture de départ est samasthiti, la posture de l’« être debout », qui est en quelque sorte « l’accomplissement de notre humanité ». Nous commençons dans l’état dans lequel nous arrivons pour évoluer vers un état différent qui est peut-être, en fin de séance, « l’état de yoga », un état d’union en soi-même et d’harmonie. Nous préparons notre corps à s’établir en sthira sukha, fermeté et détente à la fois, dans la posture dite principale, ou vinyasa, qui sera maintenue plusieurs respirations.

Le souffle est primordial. Le sens de la respiration suit le mouvement du souffle le plus naturellement possible. A l’inspiration, l’air descend dans le corps de plus haut que soi-même pour ouvrir les espaces thoraciques. Nous nous sentons emplis du souffle de vie, prâna vayu, en fin d’inspiration. L’amplitude acquise laisse l’énergie se diffuser, sur la suspension de souffle poumons pleins, antara kumbhaka. Sur l’expiration, le souffle du bas de l’abdomen, apâna vayu, monte pour redonner en douceur et nettoyer sur son passage. Les espaces ouverts par l’inspiration se relâchent pour arriver à un abandon, en suspension poumons vides, bahya kumbhaka. Ces quatre temps de la respiration yoguique sont expérimentés progressivement dans l’aisance.

Dans la lignée de Madras, les mots sanskrits sont énoncés car ils ont une vibration. Le sanskrit  est l’une des plus vieilles langues du monde, dite sacrée et vibratoire. Elle se chante ou se psalmodie par les mantraLa parole, vac, est une grande déesse de l’Inde védique.

« Le yoga est une école d’écoute, le langage de l’être est doux. » Babacar Khane

La séance de yoga de Madras se termine généralement par une posture en assise confortable pour installer le prânâyâma, la maîtrise du souffle, et parfois un état de méditation. Les techniques relatives au rythme du souffle ont des effets propres qui vont d’un relâchement profond des tensions à une dynamisation énergisante et réchauffante, ou un état de calme et de centrage.

Le plus important est de vivre cet apprentissage du yoga dans le désir et la joie !